"Je fais primer la qualité sur la quantité : je fous rien, mais je le fais bien".
Le Paresseux Anonyme
Dimanche 22 novembre 2009 7 22 /11 /Nov /2009 16:33

« Moi je montre mes fesses au banquet des notables ! »

 

Ou la Fable du Clown et du Politique


 

Mes chers amis, je viens de regarder une vidéo des plus cruciales pour l’avenir du jeu politique français à moyen terme. Et désormais, je peux vous le dire : réjouissez-vous, ô vous les faibles, les opprimés, ceux que les Puissants broient dans leurs étaux d’airain en ricanant, réjouissez-vous car le salut est proche ! Malgré l’acharnement du système politico-médiatico-maçonnico-financier à étouffer ce nouvel espoir en n’en parlant pas, il m’incombe d’annoncer à toutes et à tous la Bonne Nouvelle : Patrick Sébastien va lancer son parti politique !

 

Vous avez bien lu. Patrick Sébastien, l’homme dont le puissant trait d’esprit honore de sa sagesse le titre de mon article, le guignol du samedi soir, monsieur « Cestgénial ! », nous embarque pour une aventure politique hors du commun. Ayant constaté « un vide » dans l’espace politique français, Patrick se propose de le combler. Avec quoi ? C’est bien là toute la question, sur laquelle monsieur Sébastien reste – pour être poli – relativement évasif. Mais l’idée de base est quand même « créer un rassemblement, autour de moi ». Mais il nous rassure aussitôt : « ce n’est pas de l’ego démesuré ». Ouf, j’ai eu peur. Et à quoi va servir ce grand rassemblement ? Quelle question ! A créer un « contrepoids à tous les partis politiques », accusés de « ne pas bien faire [leur] travail ». Voyez-vous cela ! Comme c’est original : les politiciens sont des affreux, uniquement préoccupés par leur carrière, et moi le blanc chevalier je m’en vais les remettre à leur place. Déjà-vu ? Laurent Delahousse, surmontant sa perplexité pour reprendre tant bien que mal son rôle de journaliste, suggère que ce genre de discours a déjà été tenu par le passé et cite Coluche. Personnellement, j’aurais plutôt pensé à Le Pen.

 

L’homme seul contre tous, l’individu contre les partis, le porte-voix de tous les « petits », ceux pour lesquels les politiques « n’ont plus de considération ». Quelle innovation ! Car au-delà du néant programmatique dans lequel Patrick Sébastien patauge péniblement (« pour le profit, mais pas au détriment de l’humain », « pas une révolution, mais juste une révolte », etc.), c’est bel et bien l’énième résurgence d’un poujadisme assumé, teinté en trame de fond d’une mégalomanie inquiétante. Emploi récurrent du « je » et du « moi », attitudes hautaines, expressions révélatrices (« avec le pouvoir que j’ai, moi »), c’est évident : l’homme est content de lui. Idole télévisuelle, Patrick Sébastien paraît s’être monté le bourrichon à propos de sa place dans l’espace public ; en 2007, il soutenait François Bayrou, déjà un anti-système voulant « remettre la démocratie et l’humain en avant ». Génial ! Ici, qui est contre la démocratie ? Et contre l’humain ? Personne non plus ? Bon, je déclare donc François Bayrou élu Président de la République à l’unanimité. Patrick Sébastien, notre nouveau Premier Ministre, sera donc chargé de composer une équipe ministérielle résolument « démocrate » et « humaniste ».

 

 

Sans rire. On s’autorisera un ricanement en entendant monsieur Sébastien pourfendre ce système électoralo-carriériste, tout en nous expliquant qu’il dispose du pouvoir médiatique et que l’élément essentiel de son « rassemblement humaniste » est en premier lieu lui-même et sa petite personne. L’œil perfide notera également la petite phrase, quasi-anodine mais tellement révélatrice des calculs coûts/opportunités de son auteur, lorsque François Hollande lâche l’air de rien : « en 2012, il ne faudra pas en promettre beaucoup ». Sous-entendu : allons-y à fond, après cinq ans de sarkozysme une chèvre avec un drapeau blanc sera élue. Et en avant pour la « démocratie irréprochable » et « les valeurs républicaines » ! Que flotte haut le drapeau rose-vert-orange, marqué du sceau « démagogie, synthèse molle et velléités » !

 

Je vous jure. Pierre-André Taguieff, dans son infinie sagesse, expliquait que le populisme n’est rien en soi, simplement le symptôme d’une démocratie malade. Avec cette ultime poussée de fièvre, on va finir par la croire en phase terminale.

 


 

 


Par Boris Bordinero - Communauté : commentaires sur actualité
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Mercredi 11 novembre 2009 3 11 /11 /Nov /2009 14:46
L'hiver est là. Les trottoirs exhalent avec morosité une odeur de feuilles moisies, les oiseaux qui en ont les moyens se font la malle, direction Honolulu, et surtout, en cette mi-mandat, la majorité présidentielle grogne.

Alors certes, on nous l'a fait cent fois le coup de la majorité qui grogne. Mais cette fois, on sent monter des vapeurs d'énervement chronique. A l'instar des français, il semblerait que l'UMP commence à ne plus supporter la poigne de fer de M. Sarkozy. Car c'est bien là le noeud du problème : à ma connaissance, jamais un homme seul n'avait eu une telle mainmise sur son parti, son gouvernement, ses alliés en général. Le Canard Enchaîné rapportait récemment à quel point il est impossible pour un Fillon, une Lagarde, un Bertrand, d'émettre ne serait-ce qu'une suggestion d'éventuelle et légère remise en cause des décisions de leur patron. C'est bel et bien de cela qu'il s'agit : une relation patron/employé. Si t'es pas content, tire-toi : y'en a trente qui attendent derrière.

Du coup, les "amis" politiques du président, peu habitués qu'ils sont à être traités comme des smicards, ont de plus en plus le fâcheux réflexe de maugréer dans leur barbe quand on leur adresse une réprimande (oh, les vilains). Certes, les raisons de se fâcher ne sont pas les mêmes pour tous, mais l'image d'ensemble reste celle d'une cocotte-minute dépourvue de soupape. Villepin, rajeuni de dix ans par son procès et désormais prêt à servir la France, dès que les inévitables Goulard, Mariton et consorts lui auront trouvé des soutiens. Raffarin, pourtant jusqu'ici zélé serviteur de la cause sarkozyenne, qui part en fronde avec ses amis sénateurs contre la suppression de la taxe professionnelle. L'infatigable Rama Yade qui n'en finit plus d'exprimer ses désaccords avec son gouvernement, violemment recadré par la mère Morano, et la farandole de députés UMP qui déversent "sous couvert d'anonymat" leurs aigreurs parlementaires ... tout cela commence à faire beaucoup, et encore, on ne parle ici que de la face émergée de l'iceberg : imaginons ensemble le ressenti de Juppé, instamment prié de justifier les bobards Facebook du Grand Chef sur le Mur de Berlin... je doute qu'il soit spécialement jouasse de se farcir le boulot habituellement dévolu à Frédéric Lefèbvre, spécialiste tout-terrain en justification de l'injustifiable. Alors
au Palais, on s'énerve. On ne comprend pas cette bande d'ingrats, mous, geignards, alors qu'on a daigné leur offrir une belle place de figurant dans la plus grande super-production de la Ve République.

Le pouvoir se dit "stupéfait" de la "violence" des attaques portées par cette mythique "sphère politico-médiatique" (F. Lefèbvre - entre autres). Pourquoi tant de polémiques pour un Jean Sarkozy, un Frédéric Mitterrand, un petit mensonge historique sur le Mur ? Pas de quoi foutter un chat ! Effectivement, on a vu plus grave comme scandale à la tête de l'Etat, et le bon M. Pasqua devrait nous le rappeler bientôt. En réalité, Nicolas Sarkozy ne comprend pas que cette soudaine "violence" vient de deux raisons, dont il est le seul responsable : d'abord sa pratique du pouvoir, avec la volonté de rester constamment en première ligne, et d'y être irréprochable ; deuxièmement, le constant mépris avec lequel il traite électeurs comme collaborateurs. Malheureusement pour lui, il est à craindre que ce mélange détonnant d'autoritarisme et de suffisance lui provoque un monstrueux retour de bâton, lorsqu'il n'aura plus les moyens politiques de marcher sur tout le monde. Messieurs Mussolini, Videla, Ceaucescu ou Hussein en attestent aujourd'hui : il est douloureux de se faire rattrapper par ceux qu'on n'a pas encore eu le temps d'écraser. Et, toutes proportions gardées, c'est ce que risque Sarkozy : un défoulement général et hystérique, sur sa (petite) personne.

Militants UMP : mai 2012, le lynchage ?


Par Boris Bordinero - Communauté : commentaires sur actualité
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Jeudi 29 octobre 2009 4 29 /10 /Oct /2009 01:32
Il est incroyable, Azouz Begag.

Pour commencer, je tiens à le remercier du fond du coeur, avec toute la sincérité dont je suis capable, car si j'ai entamé ce blog c'est un peu grâce à lui. Comme je vous le disais dans le premier article, l'actualité est un peu ma drogue (au sens où sa prise est quotidienne et son manque douloureux), et je me suis déjà essayé à jouer au commentateur politique. Un de mes articles avait été consacré - entre autres - à M. Begag qui, s'extrayant par là avec aisance du monde ennuyeux de la morale et des scrupules, nous annonçait que, Obama élu, sa candidature aux européennes dans la région Sud-Est était inévitable. Vous ne voyez pas le rapport ? Moi non plus, et apparament pas grand monde puisque c'est finalement Jean-Luc Benhamias qui avait conduit les listes du MoDem dans la circonscription. A la décharge d'Azouz, les électeurs n'ont pas non plus compris grand chose à M. Benhamias, arrivé finalement en 5e position, derrière l'UMP, Europe Ecologie, le PS et le Front National, avec un peu plus de 7% des suffrages exprimés. Pas énorme, il faut bien le dire.

Toujours est-il que M. Begag se voyait inévitable comme tête de liste à l'époque, maintenant qu'on était entrés (avec l'élection d'Obama) dans "l'ère de la diversité". Rien de moins. Un an plus tard, quelle n'est pas ma joie en découvrant cet article de LibéLyon. Voilà qu'Azouz remet le couvert, en mode "on s'était donné rendez-vous dans un an". C'est pas passé la dernière fois, ça passera ce coup-ci : on peut dire que l'homme est adepte inconditionnel de la subtile tactique du marteau-piqueur, c'est-à-dire cogner, cogner et re-cogner, jusqu'à obtenir ce qu'on veut. Ne riez pas : Jacques Chirac a été élu Président de la République grâce à cette tactique. On observe d'ailleurs la finesse dans la manoeuvre : M. Begag, en grand stratège, n'hésite pas à s'autoproclamer tête de liste "officieusement adoubé" par Bayrou, rejetant l'idée saugrenue d'un débat et d'une décision des militants, entre sa personne et monsieur Eric Lafond, autre candidat à la tête de liste. Incroyable, ce garçon. Je ne peux m'empêcher de l'imaginer promis à un grand avenir. Mais si, réfléchissez : avec son "moi-je" frénétique, ses grands airs pressés et sa façon d'écraser le militant de base sous sa semelle, il ne peut que suivre (bien malgré lui, c'est certain) les pas d'un certain Nicolas Sarkozy...

Décidemment, il est incroyable cet Azouz Begag.
Par Boris Bordinero
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Jeudi 29 octobre 2009 4 29 /10 /Oct /2009 00:58
"Au début, il n'y avait rien. Que dalle.
Après : pas grand chose non plus".


Friedrich Nietzsche in "On m'aurait menti ?".

*
*     *

Pourquoi ce blog ? D'un point de vue psychanalitique, il ne fait aucun doute que répandre mes bribes de questions et mes lambeaux de réponses sur la toile me permet d'exorciser un difficile rapport à l'existence, que je transfère sur ces pages mon incapacité à communiquer mes angoisses existentielles, et que vous tous, lecteurs présents ou futurs, vous allez me faire la consultation à l'oeil. Ce dont je vous remercie par avance.

D'un point de vue structural-fonctionnaliste : l'action que je commets est avant tout causée par mes doigts qui tapent sur ce clavier, et mon cerveau - scandaleusement complice - qui leur fournit du grain à moudre.

D'un point de vue matérialiste historique : ce blog n'est que la partie émergée d'une dialectique de classe qui s'exprime également dans le choix de mes mots, la tournure de mes phrases et la couleur de mon slip.

Allez, soyons sérieux deux minutes. Ce blog naissant a vocation à me permettre de donner mon opinion sur l'actualité, principalement politique mais pas seulement, pour que nous puissions mieux en discuter ensuite tous ensemble. N'ayant pas d'idée précise sur la forme que cela va prendre, je vous prie par avance d'excuser les errements qui viendront immanquablement marquer de leur sceau approximatif les pages à venir de Panik Panik Politiks, un blog sympa, décontracté, exigeant et fainéant à la fois, à recommander pour Noël, Pâques ou la fête des Mères.

Pour tout vous dire - nous sommes entre nous, j'ai déjà tenu un autre blog, à l'origine dédié à raconter à mes proches mon année de voyage en Argentine. Ayant expérimenté là-bas des sommets de glande tels que vous ne vous les representez sans doute pas, j'ai eu tout le temps de me consacrer à mon blog, et surtout de m'informer de l'actualité de notre beau pays. Pour être honnête, je n'ai jamais été mieux au courant des évènements de l'Hexagone qu'en étant à 12 000 kilomètres de celui-ci ; et, étant malheureusement doté d'une nature encline à la chicane et la polémique, j'ai peu à peu entrecoupé mes récits de réactions à ce que je lisais un peu partout sur internet (les jours où celui-ci fonctionnait). Un article par-ci, une brève par-là, rien de bien méchant. Mais cela m'a permis de me rendre compte que j'aimais vraiment bien ça. L'idée d'un blog entièrement consacré à répandre mon mauvais esprit m'a trotté dans la tête pendant un petit moment, extrêmement séduisante il faut bien l'avouer, jusqu'à ce soir, où je passe à l'acte.

En vous remerciant très sincèrement de me lire et de réagir,

Votre dévoué
Boris Bordinero
Par Boris Bordinero
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  • Individu peu fréquentable souffrant d'une irrépressible et infatigable envie d'émettre son opinion, jusques et y compris sur ce qui ne le concerne pas. Egalement névrosé musical et inconditionnel de la bonne bouffe.

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